Grand Théâtre de Luxembourg
WOLFGANG AMADEUS MOZART (1756-1791)
OPERA BOUFFA EN DEUX ACTES / LIVRET DE LORENZO DA PONTE
CRÉÉ LE 20 JANVIER 1790 AU BURGTHEATER DE VIENNE
EN ITALIEN, AVEC SURTITRES EN FRANÇAIS ET ALLEMAND
Tout commence par un défi, par un pari : Don Alfonso prétend que « così fan tutte » - qu'« ainsi elles font toutes » -, qu'aucune femme ne reste fidèle à ses serments amoureux. Ferrando et Guglielmo refusent d'accepter pareil constat cynique et parient que leurs deux belles, Fiordiligi et Dorabella, leur resteront fidèles ! Jeunes gens présomptueux, quel risque avez-vous pris là ! Certes, tout finira bien. Vraiment ?
Le livret de cet opéra, dû à Lorenzo Da Ponte, est délicatement subtil dans sa façon de faire apparaître sous les développements souriants de la comédie des vérités humaines douloureuses. Si l'on rit de cette bonne plaisanterie bien menée dans ses subterfuges et ses déguisements, le cœur se serre aussi.
Mais surtout, au-delà de l'intrigue, l'essentiel est dans la musique de Mozart. C'est elle en fait, et non les mots, qui nous parle, qui nous touche et qui nous émeut. Così fan tutte est un de ces opéras où elle est extrêmement nuancée dans l'expression des intermittences des cœurs et des âmes. Comme il est à la fois joyeux, exalté, ému, douloureux, cruel, ironique, déchiré, désespéré, moqueur le chant de ses interprètes. Comme il est beau.
Abbas Kiarostami, le cinéaste iranien, Palme d'or au Festival de Cannes 1997 pour Le Goût de la cerise, a précieusement installé sa mise en scène dans un 18ème siècle somptueusement reconstitué ; une reconstitution qu'accomplissent la scénographie et les costumes de Chloé Obolenski, que magnifient les lumières de Jean Kalman (certains se souviendront du rôle important de ce duo dans le récent Mort à Venise de Benjamin Britten). Et, mais cela doit rester une surprise, Abbas Kiarostami étonnera les spectateurs en ouvrant, grâce à son talent de cinéaste, le plateau du Grand Théâtre sur un horizon nouveau, enchanteur.
» Le cinéaste iranien a le bon goût de jouer à fond la dimension méditerranéenne d'un récit qui se passe à Naples. La projection en fond de scène de paysages filmés crée une ambiance magique:
bleu du ciel et de la mer, ocre des montagnes. Entre douceur et majesté, cette vision prolonge l'hédonisme de l'instant […].
Serge Martin, Le Soir
» Comme le goût du fruit dans le chef-d'oeuvre cinématographique de Kiarostami, la saveur de la musique, dans l'opéra de Mozart, restitue à l'existence son suc infiniment précieux et délectable.
Gilles Macassard, Télérama
» Partant de l'idée que ce forban d'Alfonso est à la fois philosophe et psychanalyste, professions dont « la tâche ne consiste pas à faire du bien mais à faire progresser » (Rousset), et qu'accepter un diagnostic, même inquiétant, permettra « de se soigner et de sauver sa vie » (Kiarostami), les maîtres d'œuvre ont donné de cette « école des amants » une lecture à la fois humaniste et séduisante, inscrite dans un visuel irrésistible... [...] Tout y respire la beauté, l'insouciance, l'aisance, la liberté.
Martine D. Mergeay, La Libre Belgique
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| Sat | 9 Oct 2010 | 20:00 |
| Thu | 7 Oct 2010 | 20:00 |
| Tue | 5 Oct 2010 | 20:00 |
Full price: 65 €, 40 €, 25 €
Reduced price: 8 €
Direction musicale Andreas Spering Mise en scène Abbas Kiarostami Collaboratrice à la mise en scène Emmanuelle Bastet Scénographie & costumes Chloé Obolensky Lumière Jean Kalman Dramaturge & interprète Massoumeh Lahidji Fiordiligi Sofia Soloviy Dorabella Sophie Harmsen Despina Judith van Wanroij Ferrando Joël Prieto Guglielmo Edwin Crossley-Mercer Don Alfonso William Shimell Choeur du Festival d'Aix-en-Provence Orchestre Capella Augustina Production 2008 Festival d'Aix-en-Provence Coproduction English National Opera, Grand Théâtre de Luxembourg